
Ils sont rares ces instants de grandes plénitudes cosmiques! Ces moments ou vous vous dites faire corps avec la nature, le nutella et un calecon un peu trop moite pour la température extérieure!
Mais, parfois au détour d’un coup de tète et souvent par hasard, ils vous tombent dessus sans crier garde!
Et c’est bien sur un coup de tête que je me suis dit, il y a peine une heure : « Allons profiter de cette douceur angevine pour, telle la gazelle le soir cherchant son point d’eau en pleine torride savane, aller boire un coup en terrasse ».
Ayant depuis longtemps délaissé les rades de mornes plaines pour des cafés selects, je me suis donc retrouvé dans un de mes petits refuges a 15€ de l’americano, fait maison, cela va de soi! Jambes croisées, bras derrières la tête, je pensais à vous, donc finalement, je pensais un peu à rien!
Et la, c’est le drame…………
5 quidams, à la démarche incertaine et au look plus qu’irréprochable, s’approchèrent dangereusement de mon sacro-saint refuge. Pour finalement s’échouer comme un vieux banc de thons cancéreux a deux tables de moi… Pris de panique, je chercha d’un œil apeuré le premier serveur pour payer mon du et fuir au plus vite cette promiscuité compromettante: no barman, trap like a rat!!!
Sur les cinq: 2 catogans de 40 centimètres de longs, 1 tee-shirt adidas avec nombril apparent, un vieux blouson de motard et une femme… L’amical du football club de groland était là, sous mes yeux ébahis, j’allais devoir me laver les feuilles de choux au vinaigre blanc. Qu’en j’entendis: « Ah! on les a bien niqué au CE… »
Autour de moi, l’univers basculât! J’étais en face d’un troupeau de syndicalistes… J’en flatule encore de bonheur ! Fils de bonne famille, il m’a longtemps été interdit pendant ma jeunesse de côtoyer le syndicaliste. Et pourtant, quelle source inépuisable de non-comprenitude aiguë… Attention, je ne parle pas ici des revendications originelles du syndicaliste, qui sont à mon sens plutôt honorables, mais bien de la retranscription déformée et amplifiée de leurs dignes représentants…
Premier constat, un syndicaliste, de part la confiance que lui ont donné les électeurs d’entreprise, est-il légitimement en droit de payer une bière 9€? En effet, il faut savoir que le syndicaliste à marée basse n’a pour tout autre horizon qu’un océan de bière! L’homme de gout aurait hésité entre un Manhattan rosé, un bing-bang téquila, voir une vodka-pamplemousse-artichaud… le syndicaliste, c’est du houblon ou une petite grève! 9€ de la bière, ça sent le financement du CE. Je dis ça, mais je dis rien.
Second constat: pourquoi venir en terrain ennemi? Le syndicaliste le sait pourtant. Il y a un tel gap intellectuel, culturel et social entre lui et moi, qu’un simple éternuement de ma part lui donnerait à réfléchir pendant trois mois. Toutefois, nous pouvons ici saluer l’effort d’intégration.
Bon, vous l’avez compris le syndicaliste est non-comprenant mais pas que… il est aussi machiste! Le petit groupe, oubliant leur camarade féminine, commença à critiquer le physique soit-disant disgracieux de certaines de leurs collègues. La femelle du troupeau un peu gênée déclara: « Et moi? j’espère que vous racontez pas ca sur moi? » Le plus futé de la bande répondit : « Mais toi, t’es un copain, c’est comme si t’avais des couilles » Rigolade générale des quatre compères…. NO COMMENT!